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Guadeloupe, des tortues sacrifiées pour un festival de musique ?

Tortue verte (Chelonia mydas) en danger liste rouge Guadeloupe par l'UICN 2021.
Tortue verte (Chelonia mydas) en danger liste rouge Guadeloupe par l’UICN 2021. Photo Delphine D. / Flickr
Reporterre.net, par Ludovic Clerima, 19 juillet 2025 (maj. 21 juillet 2025).

Pourquoi le All day in, un gros festival de musique guadeloupéen, n’a-t-il pas été délocalisé ? Le site, et notamment la plage, est pourtant celui que des tortues protégées ont élu pour pondre leurs œufs.

Le Moule (Guadeloupe), reportage

La plage des Alizées, au Moule (Guadeloupe), est un site reconnu pour la ponte des tortues marines, notamment entre juillet et août. Plusieurs dizaines de nids y sont recensés chaque année. Pourtant, c’est sur ce même site qu’un festival de musique, le All Day In, s’apprête à faire vibrer les enceintes pendant plusieurs jours, au mépris de l’écosystème fragile.

Selon l’Office français de la biodiversité (OFB), l’organisme n’a même pas été consulté pour l’organisation de l’événement. Or, le bruit et les vibrations générés par la musique — notamment dans les basses fréquences — pourraient gravement perturber les tortues, notamment en phase de ponte ou d’émergence des œufs.

« On sait que les basses fréquences peuvent se propager dans le sol et perturber les comportements naturels des animaux », précise un expert. Malgré les alertes, les services de l’État semblent se désengager.

Lire l’article complet : Guadeloupe, des tortues sacrifiées pour un festival de musique  ?


🟠 COMMENTAIRE DE LA RÉDACTION (FR) : Nous savons, par certains de nos correspondants locaux, que la Guadeloupe, département français d’outre-mer (Antilles-Caraïbes), est le théâtre de nombreux scandales, souvent tus mais bien réels.

L’organisation d’un festival de musique à proximité d’une plage sensible n’est pas seulement irresponsable : c’est une décision lourde de conséquences pour l’environnement… et les habitants.

Car il ne faut pas se méprendre : ici, le volume sonore ne sera pas un simple « fond musical ». Il s’agira très probablement d’un usage massif de sons à basses fréquences — notamment les infra-basses — qui, lorsqu’elles ne sont pas strictement limitées, se propagent sur plusieurs kilomètres.

Ces fréquences traversent murs, sols et même étendues d’eau, affectant aussi bien la faune (dont les tortues marines, en principe protégées, avec raison) que les humains, certains vivant non loin mais n’osant protester — par peur ou par lassitude.

Ce type de nuisance est tristement banal dans l’archipel. De nombreuses fêtes ou « événements culturels » imposent à des kilomètres à la ronde des sons d’une violence acoustique telle qu’elle relève plus de l’agression sonore que du divertissement.

Ce festival s’annonce comme un cas de plus. Et l’on est en droit de se demander s’il ne s’agit pas encore d’un passe-droit de plus, dans un contexte local gangrené par une corruption systémique — une corruption qui, ici, prend des formes variées : clientélisme (le fameux « fais ça pour moi »), malversations financières, usage dévoyé des administrations à des fins personnelles ou vindicatives…

Tout se joue par des réseaux d’ententes opaques, avec un mot d’ordre implicite : « faut pas dire ». Mais il serait temps, justement, de dire. Pour les riverains. Pour les tortues. Pour la Guadeloupe.

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