
Allez savoir pourquoi, en France, dès qu’un mouvement politique bouscule l’ordre établi sans faire allégeance aux codes bien-pensants du cercle médiatico-politique, il devient automatiquement un danger public. LFI et son leader, Jean-Luc Mélenchon, en font aujourd’hui les frais. Haro sur Mélenchon, haro sur les insoumis, à qui l’on colle sans relâche l’étiquette « extrême gauche », comme si les faits n’avaient plus la moindre importance.
Selon les critères même de la DGSI — pas franchement réputée pour sa tendresse envers les mouvements subversifs — LFI n’est pas classée extrême gauche. Mais peu importe : à force de répéter un mensonge, il finit toujours par prendre des airs de vérité. Les mots « danger », « radicalisation », « ambiguïtés » sont ainsi servis à toutes les sauces, pendant que les vrais violents — ceux qui frappent, tuent, menacent — passent à travers les gouttes, tant qu’ils ne s’en prennent pas au pouvoir ou aux intérêts dominants.
Le score de 22 % à la présidentielle, lui, n’a pas été digéré. C’est bien là que le bât blesse. Un quart du pays qui refuse de jouer le jeu, ça inquiète. Et quand LFI prend des positions indépendantes après le 7 octobre, refuse de marcher droit derrière le récit dominant, ça devient insupportable. Là, on sort l’artillerie lourde. Les relais français de la diplomatie israélienne — appelons un chat un chat, et un lobby un lobby — n’ont pas lésiné. On a vu des tribunes, des chroniques, des « analyses » où la nuance était absente, mais le fiel bien présent.
Et le mensonge, bien organisé.
Des contre-vérités grossières ont été documentées, point par point. Aucune rectification en une. Pas d’enquête en retour. Silence radio dans les grands médias. Pourquoi se tirer une balle dans le pied quand on vient tout juste de construire une belle narration ? Pourquoi dire la vérité quand elle contredit si bien les mensonges qu’on a déjà vendus ?
Libé, Le Point, L’Express… Chacun sa ligne, chacun son camp, mais tous unis dans une détestation commune. Certes, Libé s’est montré un peu plus nuancé — drôle, quand on sait que le journal est aujourd’hui dirigé par un ancien officier du renseignement (FID, unité 8200*). Belle reconversion, non ? Quant on sait que naguère les sources (Humint) étaient surnommés ‘journalistes’.
Résultat ? Un nouveau (pseudo) livre-enquête, « La meute », qui fleure bon la pantalonnade, comme l’aurait dit Pasqua. Une enquête soi-disant sérieuse, en réalité totalement à charge, servie par deux journalistes dont on gagnerait à examiner le pedigree avec autant d’ardeur que celui de leurs cibles.
Mais qu’on se rassure : la mise au pilori continue. Parce qu’en France, plus on vote pour une alternative politique, plus on vous l’explique : ce n’est pas la bonne.
*/ Dov Alfon, Unité 8200, Éditions Liana Levi, 2019. Existe en Folio Poche.






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