
Le Rassemblement National de Mareine Le Pen et Jordan Bardella se présente comme une droite « moderne » et « décomplexée ». Mais derrière ce lifting médiatique, c’est toujours la vieille matrice idéologique de l’extrême droite française qui opère: celle du Front National des années 1970, et bien avant lui, celle du « Rassemblement National » pétainiste, né en 1941 sous Vichy.
À l’époque, Pétain voulait fédérer une France rurale, catholique et fermée, contre une République urbaine, métissée et « décadente ». Son projet d’« ordre nouveau » reposait sur l’exclusion des juifs, des francs-maçons, des résistants, et des étrangers.
Aujourd’hui, le RN version Le Pen/Bardella recycle cette obsession de l’identité: défense d’une « France de souche », dénonciation du « grand remplacement », obsession de l’immigration, islamophobie rampante. Zemmour et Marion « Maréchal-nous-voilà »-Le Pen ne sont pas en reste!
La mécanique est la même: instiller la peur pour justifier la fermeture et l’autoritarisme, en réalité le totalitarisme. Hier, il s’agissait de « sauver la France » en collaborant avec l’ennemi nazi ; aujourd’hui, il s’agirait de « protéger les Français » en dressant des murs symboliques contre les musulmans, fussent-ils français de confession musulmane parfois depuis plusieurs générations, les étrangers, les « mondialistes », et autres.
La continuité n’est pas un hasard. Jean-Marie Le Pen, fondateur du FN, n’a jamais dissimulé son mépris pour la République et ses valeurs. Le FN a été bâti par d’anciens Waffen-SS français et des collaborateurs recyclés, dont des miliciens de triste mémoire.
Bardella, lui-même petit-fils d’immigrés algérien et italien, et Marine Le Pen, malgré leurs efforts cosmétiques, ne font que vendre au goût du jour un fond idéologique inchangé: nationalisme ethnique, autoritarisme, culte du chef.
Les cris d’indignation à chaque rappel historique sont eux-mêmes un aveu: le Rassemblement National 2.0 ne rompt pas avec son histoire. Il la modernise.
Refuser cet héritage, ce n’est pas refuser la France: c’est refuser qu’elle soit à nouveau réduite à une forteresse frileuse et apeurée.
La France est à la fois riche et grande par sa liberté, mais certainement pas par les murs que certains voudraient ériger.



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